Comme l’exige ma routine et liberté mensuelle, c’est après ma huitième nuit de travail que j’embarquais dans le premier train matinal afin d’entamer une nouvelle journée dingue à Paris, se dévoilant comme un Automne (enfin Hiver dorénavant), mais surtout un joli prétexte pour me rendre à l’exposition vampire : de Dracula à Buffy à la Cinémathèque.

Soyons direct, j’en suis ressorti assez déçu malgré tous les avis positifs de la part des médias. Suis-je difficile ou bien casse-bonbon ?

L’objectif de cette exposition est d’aborder l’existence des vampires à travers les siècles et surtout ceux hantant le grand écran (cinémathèque oblige), à partir de leur création à travers différentes mythologies du monde jusqu’à la naissance du vampire culte Dracula, étape fondatrice afin que ces bestioles de la nuit profitent d’une reconnaissance mondiale en devenant une figure de notre monde quitte à tomber dans la niaiserie (non non je ne citerai pas Twilight et ses créatures qui ne trouvent rien de mieux de passer leur éternité sur les bancs du lycée).

Aussi que loin que nous emporte les profondeurs de l’histoire de notre monde, on peut desceller l’existence de créatures partageant les caractéristiques du vampire à travers différentes mythologies. En commençant par farfouiller les récits de la bible à travers le personnage de Caïn, condamné à boire du sang après avoir assassiné son frère. Ainsi d’autres bestioles partageant les mêmes hobbies que nos amis de la nuit connaissent une représentation similaire en passant par le Nukekumi japonais mordant et suçant le sang de ses victimes jusqu’à la déesse hindoue Kali se nourrissant également de sang de ses nombreuses victimes. On peut compter aussi sur la participation effrayante de personnages bien réels et un brin original comme Vlad l’empaleur ou la Comtesse Bathory.

Des mythes et légendes qui traverseront les siècles, hantant des générations de pauvres êtres-humains et qui finiront par influencer notre culture jusqu’à la publication du roman populaire Dracula par Bram Stoker (en 1897), dans lequel un comte se voit être condamné par Dieu (suite à la mort de sa bien-aimée) à l’immortalité et à se nourrir exclusivement de sang des vivants en évitant les rayons du soleil mais en ayant tout de même un point faible : l’Amour (tout simplement). Une partie de l’exposition se centre justement sur son interprétation au cinéma, qui émerge à la fin du XIXe siècle (cimer les frères lumières). Le comte Dracula, comme ses successeurs, traverseront les décennies, en y ajoutant de nouveaux codes afin de rappeler à l’Homme ce qu’il a de plus pulsionnel dans son rapport au sexe, à l’amour, à la folie et à la mort : une icône dark par excellence.

L’histoire des créatures de la nuit est un sujet très riche et passionnant. C’est surtout intéressant de découvrir que chaque peuple depuis la nuit des temps, à développé sa propre vision du vampire, un collectif d’idée permettant de créer le monstre légendaire que l’on connait tous aujourd’hui à travers les arts.

Personnellement, ma fascination pour les suceurs de la nuit a surgi lors de la lecture de la Chronique des Vampires, une oeuvre de l’auteur Anne Rice, durant ma période lycéenne, époque où j’avais un peu délaissé les jeux-vidéos pour me plonger dans la littérature. Comme beaucoup de monde, j’avais été marqué par le duo amoureux Tom Cruise et Brad Pitt dans le film Entretien avec un vampire (adaptation du premier tome), qui reste toujours, en passant, dans le top de mes films préférés, me poussant irrémédiablement à la lecture des romans afin de connaître la suite des aventures du bon vieux vampire Lestat. L’ironie de cette anecdote est que j’ignorais totalement l’existence des romans et que c’est en partageant mon appréciation pour ce film à un copain de classe (aussi bizarroïde que moi) que j’appris l’existence des bouquins. J’étais tellement fan que même à mon oral d’anglais au BAC (remporté avec une note de 18 poulette) je n’avais pas pu m’empêcher de parler de ma passion pour cette saga !

Voilà, tu imagines bien, que c’est avec hâte et toute ma passion que j’allais m’imprégner de cette exposition tant désirée.

Celle-ci ne pouvait pourtant pas mieux débuter avec l’entrée sous l’apparence d’un couloir digne du château de Dracula, effets sonores et visuels où prennent part des cris de loups-garous et des lueurs de chandelles reluisantes au rythme des éclairs avec en bonus le son lointain de Libera, tiré de cette bonne veille bande sonore du film Entretien avec un vampire.

Tu imagines le frisson d’entrée de jeu ! Rien de mieux pour me mettre dans l’ambiance et surtout me faire plaisir en replongeant dans cette mélancolie. C’est un peu ce que je ressens avec cette musique, le sentiment des siècles qui passent pour l’humanité se destinant vers une conclusion funeste plongée dans une extrême solitude… Finalité que rencontre la plupart des vampires de la Chronique des vampires, rendant cette saga profonde et passionnante. A peine les deux premiers pas franchis à cette exposition que le spectateur est déjà plongé dans une ambiance effrayante et angoissante a en faire frémir mes petits poils. C’était très réussi bravo.

Suite à une partie historique arborant quelques dessins sur le concept dit du vampire original, la première salle est dédiée au plus vieux des vampires du cinéma en la présence de notre chère Nosferatu qui régna à l’époque du cinéma muet en 1922. Tu sais la bestiole dégarnie aux grandes dents et aux longues oreilles, une créature qui n’avait rien de séduisant ou romantique comme le définit les vampires d’aujourd’hui…. au point d’en devenir extrêmement ridicule avec Twilight (là c’est dit). Nosferatu est certainement l’une des premières adaptations de film d’horreur qui s’inspira grandement du roman Dracula de Bram Stoker entraînant même un procès de la famille de l’écrivain pour cause de plagiat. Certainement le premier en date dans l’histoire du cinéma… Je me trompe peut-être…

Trembles pauvre mortel

Il faut avouer qu’on en prend plein les yeux via la présence de photos de tournages, d’affiches, de flyers, de publicités, d’extraits vidéos et même d’une bonne galerie concernant les éléments de décors entre rats morts, terre ancestrale et notes du scénariste, mais il y a comme un hic ! Il ne s’agit pas exclusivement d’éléments du film original de 1922, mais aussi de son remake de 1979 (avec notre frenchie Isabelle Adjani), le tout expliqué en Allemand (aie) pour légèrement piéger le spectateur ! ça fout le tournis ! c’est comme de la coke trafiquée au talc ! Première douche froide, mais cela n’empêche pas que la collection autour de ce film était plaisante et riche.

Pourtant, la suite de l’exposition sera assez décevante et ne fera que dégringoler dans mon estime… Certainement aussi qu’après une salle bien garnie sur Nosferatu et son mythe, naïvement je m’attendais à voir la même qualité et quantité de produits dérivés concernant d’autres grands films mettant en valeur nos amis les vampires. Imagines, grand fan d’Entretien avec un Vampire, mon cœur battant à mille à l’heure à l’idée d’avoir une galerie à son intention. Hélas.

On a tout de même le droit à un petit clin d’œil aux Hammers couvrant les années 40-60 personnifié par le malheureux premier Dracula du cinéma en la présence de Bela Lugosi . Détail bizarroïde ou simple clin d’œil humoristique, le réalisateur Ed Wood est aussi représenté dans cette galerie via des extraits de ces films… Bon d’accord, il s’était lié d’amitié avec Bela Lugosi complètement pommé, ruiné et drogué à la morphine au point de l’incorporer dans ses nanards, mais tout de même, l’exposition concerne les vampires, et non Nanardland.

Tu auras compris que plus on s’avance dans l’exposition, plus celle-ci passe rapidement les détails de films vampiriques…. Je note tout de même la présence de Dracula et Entretien avec un vampire via quelques costumes mais rien de plus folichons que quelques photos pour grignoter

L’exposition s’achève sur les représentations du vampire dans la pop culture, dès les années 90′ : Une salle truffée de BD et comics proposant de se plonger dans les séries américaines et autres teen movies comme : Merde je ne le citerai plus.

Au fil de l’exposition, une intention est tout de même visible afin de montrer l’évolution de la vision du mythique vampire, notamment en se centralisant sur l’érotisme voir le fantasme sexuel en passant du vampire phallocrate séducteur jusqu’à la vampirette lesbienne. Si cette créature a permis une chose, c’est d’avoir donné un peu de sensualité dans ses univers ténébreux.

D’emblée, je n’ai pas trop compris pourquoi une partie humoristique en la présence de comédies n’avait pas été pensé, l’humour n’était donc pas invité. Il y a tout de même certains films sympathiques dans cette catégorie comme le légendaire Bal des vampires ou plus récemment Vampires en toute intimité. Idem un clin d’oeil aux vampires présent de X-files (avec un épisode complètement loufoque) n’aurait pas été de trop.

De même, je ne suis pas fan de la sérié Buffy contres les vampires, mais c’est un peu trompeur d’en parler sur le titre de l’exposition pour au final compter simplement un extrait vidéo dans un obscur montage.

Pour finir cet article, je profite de l’occasion pour citer tous les films non représentés et pourtant bien plus connu et révolutionnaire à mon goût tel que Vampires de Carpenter (RIP), Une nuit en enfer ou encore 30 jours de nuits mettant en avant des vampires bestiaux et violents. Génération Perdue pour le coté 80′ à la sauce Goonies (Stranger Things n’a rien inventé hein ! Faut l’savoir), et comment ne pas citer the Master of Horror Stephen King ? Qui a tout de même participé à l’évolution de la figure vampirique avec La tempête du Siécle mais surtout Salem en inventant une règle moult et moult fois reprise : L’interdiction du vampire d’accéder à un domicile sans que celui ne soit invité ! Enfin si je ne dis pas de connerie dans ma sollicitude.

Enfin je me permets aussi de cité le film suédois Morse qui a connu un succès unanime pour sa qualité, donnant vie au remake américain Laisses-moi entrer